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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 05:30

Quand le conflit a éclaté avec son enfant... Rejouer le scénario différemment.

 

Elever un enfant, ce n'est pas de tout repos, c'est le moins qu'on puisse dire. Elever un enfant précoce, cela peut être sportif... L'amplitude émotionnelle, le manque de confiance en soi, l'auto culpabilité, le renferment, l'incapacité à gérer ses bouffées émotionnelles débordantes puis s'en vouloir, les crises... Et le parent qui doit rester mettre de ses propres émotions parfois hypertrophiées, qui a un zèbrion, mais parfois deux, voire trois à gérer, quelquefois seule... Et vous vous devez d'être "Maman parfaite" au risque de vous décevoir...

         Vous connaissez ou reconnaissez votre petit ? Je vous propose un "truc pour reprendre une gestion de crise, de conflit, qui ne vous a pas satisfaite : "Rejouer le scénario avec une autre sortie."

         Mon "P'tiot" a fait tomber mon ordinateur (un mac en plus) par terre. Je lui demande de le ramasser, il refuse. Je me rapproche et tente de lui expliquer, il se bloque. Je me fâche et lui nomme mon mécontentement, il se "sur bloque" et s'oppose. Je suis coincé. Je rentre dans le cycle : "Il doit s'incliner et obéir, faire exactement ce que je veux au risque de subir mes foudres. Je me place en dominant, écrasant, et je le contrains à ramasser de force (J-F, tu n'as pas été bon sur ce coup). En plus, le petit est fatigué. C'est la cata. Bref, transgression de règle male gérée, frustrations et colères des deux côtés, on se boude et on se retrouve tous les deux en colère contre soi-même. Départ en sieste qui ne fait que repousser le problème qui n'a absolument pas été réglé.

 

       

  Ce qui a pu se passer pour lui, c'est que son cerveau s'est bloqué au premier étage et qu'il a stressé, ce qui lui a barré la possibilité de réfléchir avec un trop plein de "cortisol ou d'adrénaline". Il a repris un des trois possibles à ce moment-là : fuite, agressivité, sidération. Sur ce cas, ce fut la sidération et je souhaitais le faire réfléchir et agir alors qu'il en était totalement incapable d'un point de vue physiologique. J'aurai dû... Non, je vous donnerai des pistes plus tard.

         La question est : Comment sortir gagnant / gagnant de ce conflit mal réglé ?

 

 - Un premier point est le fait d'être au moins deux à pouvoir intervenir sur le petit. Cela, c'est une vraie opportunité. Mais quand on est parent solo, c'est plus difficile. Si on peut se tourner vers une figure d'autorité qui peut être le grand-père, la grand-mère, un oncle, un ami, une amie..

. c'est ok. Si c'est son conjoint, qu'il soit ou non le papa ou la maman biologique de l'enfant, c'est ok. Quand on est deux adultes référents au moins, ces différentes présences apportent e la fluidité, de la fraîcheur, un regard nouveau dans le conflit. Il ne s'agit pas de prendre partie pour l'un ou l'autre, il suffit de reformuler ce qu'il s'est passé, de formuler des hypothèses d'explications du type : "Tu vois, grand-père s'est fâché par ce que tu n'as pas ramassé son ordinateur. Il m'a dit que faire tomber son ordinateur, même lui, cela lui arrive. Il t'en a voulu pour ne pas avoir voulu le ramasser... Et toi, tu es en colère contre toi peut-être ? Ou contre lui ? Ou un peu des deux ...

Rassurer l'enfant, tenter de l'apaiser, légitimer ses émotions, les reconnaître, expliquer la scène, expliquer ce qui a pu se passer dans la tête et le coeur de l'autre. Discuter de nouveau avec l'un, avec l'autre, les faire se parler, se comprendre, permettre à chacun de prendre sa part de responsabilité...

 

         - Un deuxième point est de rejouer le scénario. L'adulte propose de rejouer la scène de façon "idéale", celle qu'on aurait aimé voir émerger dès la première fois (Vous savez, dans le monde de la théorie où cela marche toujours parfaitement). Alors, je lui ai proposé à partir de l'ordinateur au sol de le ramasser, de venir s'excuser en venat près de moi. Alors, le "p'tiot" a ramassé l'ordinateur, la reposé sur le coin de la table basse et est venu vers moi.  Je l'ai pris dans mes bras, il m'a dit qu'il était désolé, qu'il ne l'avait pas fait exprès et qu'il s'en voulait. Je l'ai embrassé en lui disant que je comprenais, que ses excuses et sa présence, le fait qu'il souhaitait réparer me faisait du bien et que je l'aimais quoiqu'il arrive. Nous avons vérifié ensemble s'il marchait toujours et nous nous sommes dit que la prochaine fois, je ne laissais pas traîner les fils et que lui ferait attention où il allait.

 

         Je vis un enfant soulagé, heureux et apaisé. Le deuxième effet, l'effet "kiss-cool", c'est que moi-même je me suis senti apaisé parce que moi non plus je n'étais pas content de moi. Vous rendez-vous compte ? Le prêcheur de l'éducation non violente qui n'est pas "foutu" de gérer son petit-fils ?

 

         Pour synthétiser, je vous propose deux points à conserver :

                  - le premier est le relais dans la transgression de règle

                  - Le deuxième, la possibilité de rejouer le scénario et le revivre en regardant ce qui se passe dans ses émotions, s'entraîner à d'autres solutions, imprimer dans ses souvenirs d'autres possibles. Oui, il faudra certainement mettre et remettre le pain sur la planche souvent. Ils nous proposeront d'autres situations auxquelles on ne s'attendait pas, mais c'est cela la vie de parents, d'éducateurs, c'est faire face à  des situations nouvelles non anticipées et se trouver démuni. Mais c'est également cela qui donne une saveur particulière à la vie.

      Juste poser un doux regard  sur l'éducateur, l'éducatrice que vous êtes, que nous sommes et apprendre, apprendre, et toujours apprendre.

    Bises et bel été à tous.

            J-F

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Jean-François LAURENT
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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 08:36

Je réagis aux annonces faites dans la presse sur le redoublement et me permet ces quelques remarques sur le point de vue d'un pur produit de l'Education Nationale pendant trente ans à différents postes : enseignant maternelle et primaire, enseignant spécialisé (maître G pour les initiés), chef d'établissement, formateur...). Une première remarque me vient immédiatement : "C'est déjà bien qu'on se pose cette question et qu'on ait ce soucis de la réussite des jeunes". Est-ce la bonne question ou les bonnes réponses, c'est de cela que je souhaite débattre.

 

            La question du redoublement, me semble t-il, ne se pose pas de manière binaire en : ça marche ou ça ne marche pas, c'est efficace ou pas ? Dans certains pays, le redoublement existe et dans d'autres pas. Cette question est posée en réponse à un point d'organisation précis : notre pays a fait le choix de réunir les élèves par tranche d'âge. Ce phénomène s'est accentué à partir de l'après guerre avec l'exode rural et de fait la multiplication des classes "unigrades" dans les villes. Nous aurions pu effectuer d'autres choix. Se cacherait derrière cette mesure du redoublement ce postulat que tous les élèves d'une même tranche d'âge devraient apprendre la même chose en même temps, au même rythme, de la même manière avec les mêmes résultats. Si ce n'est pas le cas et que l'élève, pour X ou Y raison ne tient pas le rythme, on lui offre l'opportunité de recommencer de la même manière les mêmes situations, à la même vitesse en espérant que sa maturité physiologique permette cette conformité, ce qu'on appelle le redoublement ou, de manière plus acceptable, l'allongement du cycle. De la même manière se pose l'accélération du rythme de l'élève ou plus communément le saut de classe. Le saut de classe est l'espérance d'une nouveauté, l'espérance que la difficulté saura motiver le jeune, que la marque de reconnaissance soit un marqueur narcissique facilitant.

            En touchant au redoublement, on peut tirer ainsi le fil d'Ariane et soulever de nombreux points à améliorer. La question du redoublement n'est que la face visible de l'Iceberg de l'échec scolaire massif. (122000 jeunes sortant sans diplômes, indications du ministère)

            Or, de mon point de vue, le vrai problème, la vraie difficulté se situe dans la gestion de l'hétérogénéité de la classe par l'enseignant. Et dans la gestion de l'hétérogénéité se trouve la place pour moi trop importante faite aux programmes. En réunissant les jeunes par tranche d'âge, on a pensé à tort que ce serait plus facile pour enseigner et que tous les élèves pourraient ainsi mieux apprendre. A quoi cela sert-il de placer un jeune en échec scolaire (parfois il se place tout seul d'ailleurs) et le faire redoubler ensuite ?

            Il est vrai que la question est complexe quand vous êtes professeur devant élèves, que vous avez 30 jeunes en face de vous, une heure, voire moins, qu'il est 8 h du matin et que vous avez un cours de mathématiques à donner et que la demande implicite et explicite est de voir le programme, tous le programme, rien que le programme sinon vous êtes un mauvais professeur. Qu'il y ait des repères, bien sûr, mais que ces repères deviennent des obligations et que, vaille que vaille, même si certains élèves maîtrisent déjà la notion à aborder, on leur impose la séance, même si certains élèves sont à mille lieux de pouvoir comprendre quelque chose, on leur impose... Ici se situe un vrai problème : organiser les apprentissages de manière à répondre aux besoins diversifiés des élèves. Mais cela nécessite d'autres apprentissages pour les professeurs, je dirai même un changement de pratiques et de posture mais là est un autre débat.

            Une des missions de l'Ecole est de retrouver chacun là où il en est et de l'amener là où il peut. La refonte totale de la formation initiale et continue des professeurs est autrement plus urgente et importante, la refonte totale de l'organisation de l'Ecole est autrement plus importante, repenser l'évaluation, la place des programmes, le temps de présence du professeur sur l'établissement, l'organisation des cours, le rôle du chef d'établissement, l'autonomie des établissements, la question de la relation prof / élève, la question du travail du soir, le système punitif... et j'en passe.

            Juste avoir en arrière pensée que le fait de redoubler ou pas n'est qu'une infime partie du problème de l'échec scolaire, de l'inadéquation entre l'offre de formation de l'E.N. et la réalité de nos jeunes. Les neurosciences nous offrent de belles perspectives de changement, la psychopédagogie également. Mais qui veut vraiment du changement ? Avec cette organisation d'un autre siècle, des réformettes à la marge ne suffiront pas à répondre au défi éducatif de ce siècle.

 

   Bien amicalement à tous

                        Jean-François Laurent

 

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Jean-François LAURENT
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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 08:46

  Ceux qui me suivent ou me connaissent savent combien je suis attaché à l'éducation restaurative, forme d'éducation ferme et bienveillante qui prend ses sources dans la CNV (communication non violente), la médiation, la gestion bienveillante des conflits, la sanction réparatrice, les chaudoudoux... 

   Je suis attaché à ces pratiques pour au moins deux publics : celui qui m'a emmené vers ces champs éducatifs quand j'étais directeur d'école, ces enfants HP pour qui cette forme d'autorité est particulièrement adaptée, et tous les autres cohortes d'enfants qui, sans ce type d'éducation, perdent confiance en eux et en leurs capacités au bonheur.

    Eduquer ses enfants dans un cadre bienveillant est un apprentissage qui s'installe dans le temps. Il s'agit de modifier ses propres modèles parentaux pour les mettre en pratique avec ses propres enfants ou petits-enfants. Il s'agit de prendre des réflexes différents, d'automatiser des procédures et cela ne va pas de soi. Il est nécessaire comme tout apprentissage de s'entraîner, répéter, conscientiser, modifier, adapter, mesurer... Et cela a des conséquences que je n'avais pas anticipées, mais tellement évidentes et naturelles.

    Moi qui prône la pédagogie de l'exemple, j'ai été servi la semaine dernière par une scène vraiment géniale (vue par moi bien sûr) que je vous décris ci-après et que je n'avais pas anticipée : 

   "Un petit de 16 mois a tendance en ce moment à lever la main et frapper quand il ressent une émotion qu'il ne sait pas traduire autrement. Son grand frère de trois ans et demi, sa maman, sont particulièrement visés et subissent les assauts du poussin. Sa maman, adepte d'une éducation bienveillante, dès que son petit lève le bras et tape l'arrête avec un "stop" puissant et immédiatement le prend dans ses bras, le câline et met des mots sur sa colère, frustration ou autre émotion en formulant des hypothèses. Le petit s'apaise immédiatement et progresse tranquillement vers d'autres solutions d'expression. C'est également plus confortable pour la maman qui ne se sent pas visée directement et n'analyse pas son enfant comme violent ou "désaimant". 

    Devant mes yeux, il est 9 h du matin, j'observe donc le petit se rendre d'un pas vif près de son grand frère et lever la main sur lui pour lui porter un coup. Réponse immédiate du grand frère : "Stop, on ne fait pas comme cela" et il prend son petit frère dans ses bras et le câline. Petit frère a bien aimé puisqu'il lui a rendu son câlin. Ils sont restés ainsi une quinzaine de secondes dans les bras l'un de l'autre. Le grand frère lui a alors expliqué avec ses mots que lorsqu'on était pas content, on le disait avec des mots et que lui n'aimait pas être frappé, qu'il n'était pas content et que ça lui faisait mal, même dans son coeur."

   Scène magnifique où le grand avait modélisé une forme de résolution de conflit par la bienveillance éducative. Se faisant, il a permis au petit de s'apaiser très vite, le câlin permettant au cerveau d'enclencher des neuro transmetteurs type ocytocine, endorphine, dopamine, sérotonine, ce que j'appelle une D.O.S.E. Pour lui-même, la gestion fut rapide, immédiate, efficace, douce et faiblement consommatrice d'énergie négative. 

     En pratiquant nous aussi comme cela, nous avons servi de modèle à l'enfant. Si on frappe son enfant, on lui apprend à frapper, mais si on câline son enfant, on lui apprend à câliner. Si on résout en bienveillance éducative une transgression de règle, l'enfant fera de même. Ses schémas d'élaboration se modifient.

      J'ai pu remarquer également que le tout petit avait compris le pouvoir des câlins. Maintenant, il a pris l'habitude spontanément quand il commence à vouloir lever la main sur autrui ou quand il a levé la main à venir chercher le câlin immédiatement pour s'apaiser, comme une réponse qui lui fait du bien. Ce petit bonhomme est sur le chemin. Il trouve d'autres modes d'expression pour exprimer sa frustration, déception, colère... Et son frère d'autres réponses pour gérer sa relation à son frère.

    Vive la bienveillance éducative qui procure et donne confiance aux petits dont on a la charge,  leur montre une voie à suivre, mais également à nous éducateurs, parents, grands-parents... 

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Jean-François LAURENT
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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 15:50

Lettre aux grands-parents

 

Bonjour,

    Je suis interpellé hier soir tard par une amie désorientée par l'attitude de sa propre mère et qui me demande d'écrire un texte pour les grands-parents.

 

  "Coucou! Comment vas-tu ? J'ai vraiment bien aimé ton texte sur les tempêtes émotionnelles, bravo et merci, cela fait du bien ! D'ailleurs je crois être en pleine tempête là ! Je t'en fais part pour savoir si cela vient de moi et ma gestion des émotions ou s'il y a quand même un peu matière à être en colère : Contexte : Ma fille (3 ans et 1/2) est en vacances chez mes parents. Avant de s'endormir, elle passe beaucoup de temps à discuter dans son lit, elle sort d'une longue période d'angoisse de la nuit, du noir, du loup, montres, sorcières et autres... C'était bien plus compliqué, là, elle ne fait que discuter. Faits : Je viens d'apprendre par ma mère au téléphone que celle-ci lui a dit : "Si tu te tais quand tu vas au lit et que tu t'endors tout de suite, tu auras une pièce" (des euros quoi!). Cela a fonctionné hier pour la sieste et pour la nuit... je me suis contenue pour lui dire calmement que je n'étais pas d'accord sur cette méthode, que c'était une forme de chantage, que ça refoulait probablement quelque chose qui a besoin de sortir, que ça fausse sa représentation de l'argent, etc... Et là ma mère me répond : " Ecoute, tant que ça marche, c'est très bien ! " Puis elle a changé de conversation avant de raccrocher. Je suis révoltée et mon mari également... on a tort ? On en fait une montagne ? As-tu un texte ou une référence à lire sur le sujet stp ? Merci de m'avoir lue, ça m'a déjà apaisée un peu... Gros bisous et à bientôt"

 

  Cher grand-père, chère grand-mère,

 

     C'est ému que je prends la plume pour te donner la réponse que j'ai écrite pour mon amie qui n'est pas folle du tout et quelques lignes de conduite à tenir.

 

     Alors, toi aussi, tu ressens un immense vent chaud à la fois dense et doux qui bouleverse ton coeur, qui le fait chavirer. Un amour qui te permet de gagner dix ans, de se sentir de nouveau jeune et utile. Tu ressens ce désir de transmettre des valeurs qui t'habitent en profondeur. Toi aussi, la première fois que tu deviens GP, tu ne t'attendais pas à ce chamboulement, tu ne savais pas que ce serait si fort. Tu penses à lui, à elle, à eux souvent. Dès que tu as une occasion, tu montres des photos de tes petits-enfants. Oui, c'est peut être cela, être GP, mais cela ne te donne que le pouvoir de l'Amour qui est déjà immense.

 

            Maintenant que tu es grand-parent, tu n'es plus parent de ces petits, mais totalement grand-parent et tu as à te convaincre que ton enfant restera toujours ton enfant, mais que à son tour, il ou elle est parent et te fait reculer ou avancer selon ton point de vue d'un cran. Moi, je choisis "avancer".  Tu ne décides plus de tout et tu dois faire ton deuil de cette toute puissance.

 

            - Maintenant, tu es papi ou mamie et tu es déchargé de cette responsabilité où tu joues ta vie à chaque décision à prendre.

            - Tu es papi ou mamie et tu te glisses dans le sillage tracé par  tes enfants, sillage que tu as toi-même creusé quand tu étais parent de tes enfants. Tu resteras toujours parent de tes enfants, mais le paramètre qui a changé, c'est qu'ils volent de leurs propres ailes et qu'ils sont eux-mêmes parents à leur tour. C'est eux qui tracent le sillon

 

            - Tu es déchargé des responsabilités de choix éducatifs, qu'ils soient petits ou grands (ne jamais mettre de fessées ou ne pas regarder un petit dessin animé).  Tu es ainsi plus léger, plus légère dans ta fonction de GP.

 

            - Tu es chargé d'une mission : renforcer les parents dans leur fonction parentale, les assoir dans cette fonction.

 

            -Tu es chargé d'une mission très importante : être une oreille attentive de la jeune maman ou du jeune papa, les rassurer dans leurs décisions, leurs doutes.

 

            - Tu es chargé d'une mission très importante : Donner confiance à ce jeune papa ou cette jeune maman, dédramatiser certaines situations, aider à la prise de recul par un questionnement qui leur permettra de faire leurs propres choix.

 

            - Tu es chargé d'une mission très importante : Soulager, permettre aux parents de respirer de temps en temps, leur permettre de se retrouver mari et femme et d'avoir quelques fenêtres de temps pour leur couple.

 

            - Tu es chargé d'une mission : soutenir par ton quotidien, tes interventions les choix parentaux, rester fidèle à leurs lignes de conduite (leur sillon) sans jamais trahir.

 

            - Et si tu as l'impression qu'ils font fausse route, vous en débattez avec infiniment d'amour, de douceur et de tendresse. Tu as ton expérience, ils ont la leur. Pour cela, tu dois te débarrasser de l'idée de croire que tu sais mieux qu'eux parce que tu le parent du parent, que tu as été parent avant eux.  Mais cela, c'est une bêtise, tu n'es pas en compétition avec tes enfants devenus parents.

 

            - Ma belle-fille a eu cette parole magnifique vis-à-vis de sa maman : "Maman, tu as été et tu es la meilleure des mamans des années 80". Mais nous sommes en 2017 et les connaissances sur l'enfant ont changé, se sont améliorées, les connaissances sur le cerveau sont incroyablement plus précises. Moi-même, je suis bien différent avec mes petits-fils que je le fus avec mes propres enfants. Mes connaissances ont été bouleversées par l'apport des neurosciences, de la PNL, de la CNV, de la Médiation...

 

            Sur quels points y a-t-il eu de grands changements ?

 

            Je vais te donner quelques points sur lesquels il va falloir te remettre en questions et c'est bien pour toi comme pour tes petits-enfants.

 

            - Axer son éducation sur la peur et jouer de ce levier : "Attention, si tu n'es pas sage, tu vas te faire gronder..."

 

            - Croire qu'un enfant fait des caprices. Simplement son cerveau sera mature après 25 ans et il n'a pas les outils en lui pour gérer ses émotions.

           

- Faire du chantage : "Si tu t'endors sans pleurer, tu auras un bonbon ou une pièce...." Ce serait légitimer le chantage.

           

            - Mentir à l'enfant et lui raconter que la télé est en panne alors que simplement on ne veut pas qu'il la regarde. Mentir, c'est discréditer la parole de l'adulte et de fait sa propre parole. On ne ment jamais à un enfant, même si on ne dit pas tout, mais on dit qu'on ne dit pas tout. on lui apprend la franchise.

 

            - Donner des coups, mettre des fessées. Comme la Terre est ronde et on ne le conteste plus, donner des coups est néfaste à l'enfant. Il n'y a pas de bonne fessée. donner des coups, c'est légitimer la violence et montrer qu'on règle ses conflits en tapant.

 

            - Récompenser un comportement : "Si tu es sage, tu auras un bisou ou un bonbon".. On en fera des matérialistes.

 

            - Faire des retours positifs, dire à son enfant qu'on l'aime remplit son réservoir d'amour. Ces fameux chaudoudoux dont je parle souvent.

 

            - Ne jamais punir mais proposer des sanctions réparatrices. Ne pas mettre au coin, pratique qui humilie l'enfant et qui le laisse seul avec des émotions dont il ne sait quoi faire.

 

             Et je te vois venir avec l'idée de l'enfant roi qui fait ce qu'il veut. Faux, archi faux, je suis pour le cadre bienveillant, la politesse, le respect de la parole, y compris celle donnée à un enfant. Je suis pour la sanction réparatrice, l'accueil et l'expression des émotions. Oui, je donnais des fessées à mes enfants quand ils étaient petits (années 80), oui je les humiliais quand je leur criais après. Mais je ne savais pas. Vous ne me croyez pas, je vous invite à regarder sur internet quelques sites ou blogs :

                       - http://papapositive.fr

                       - education-bienveillante.fr

                       - charlotte@coolparentsmakehappykids.com

                       - Les vidéos de Catherine Gueguen

                       - Les vidéos d'Isabelle Filliozat

                       - Les tribulation d'un petit zèbre

et plein d'autres...

 

 Et je vous invite à lire ce livre en PDF que vous trouvez sur mon site (jeanfrancoislaurent.com :       

                "Bébé confiant, parent heureux"

 

    Avec toute mon amitié

            Jean-François

 

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Jean-François LAURENT
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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 23:10

 

     Je partage avec vous les tempêtes émotionnelles, météo très en vogue chez les précoces. Bien sûr, pas uniquement chez les précoces, mais pratiquement toujours présentes chez  nos petits précoces détectés. Eux, encore plus que les autres ont énormément de difficultés à juguler leurs émotions qui prennent une tournure des plus "volcaniques et éruptives".

 

 

 

   N'oublions pas de rappeler que le cerveau est mature au cours de la troisième décennie et plutôt dans la seconde moitié. Il est donc logique qu'un enfant ait des difficultés à gérer ses émotions, mais chez nos petits précoces, cela prend souvent une ampleur  imprévisible.

   Un événement arrive, l'enfant prend de plein fouet une émotion qui monte en lui telle une vague et le submerge. il ne contrôle plus, il faut que "ça sorte" d'une manière ou d'une autre. Il se met à adopter une attitude illisible pour une personne non avertie. Il "mord, tape (y compris, voire surtout sa maman), hurle, détruit, se sauve, se met en crise,  jette son repas, tape du pied, dans les murs... On ne sait plus quoi faire, que comprendre, comment agir. Faut-il stopper la crise de façon ferme et autoritaire ? Faut-il laisser faire ? Faire semblant ? Discuter ?

 

  D'abord, je vous invite à ne pas prendre au pied de la lettre les signes d'expression de la crise. L'émotion est une vague qui vient et repart. En tout premier lieu, s'il est en train de vous taper, stopper le geste et lui proposer une autre porte d'expression de cette énergie qui le submerge. D'abord recueillir l'expression de cette émotion, la laisser sortir et s'exprimer, inviter l'enfant à l'exprimer. L'entendre va permettre à l'enfant de redescendre plus vite. Vous pouvez, en fonction de vous, votre enfant, du lieu où vous êtes, de votre forme du moment : courir avec lui, le contenir, respirer, chiffonner du papier, malaxer, taper dans un ballon, un sac..., crier, aller marcher, câliner, sauter, pleurer... Après avoir veillé à ce que l'enfant ne se mette pas en danger, y compris de se faire mal. Vous accompagnez de la voix, vous accusez réception de ce que vous voyez, ressentez de la situation.

 

   Dans un deuxième temps, une fois que la première vague d'émotion est passée, que le pic est derrière nous, vous pouvez nommer ce que vous avez ressenti : "J'ai vu un enfant très en colère, déçu, très fâché..." S'il le peut, faites-le parler, s'il ne peut pas, entourez-le d'amour. Isabelle Filliozat parle de son réservoir d'amour qu'il faut recharger en urgence. Embrassez-le? Entourez-le de votre voix. L'heure de explications viendra plus tard. Sortez votre décodeur. Que voulait-il exprimer, dire qu'il ne sait pas lui-même ? Vous allez le questionner et explorer sa vie, ses difficultés, émettre des hypothèses.

   Une fois que vous avez trouvé, vous allez pouvoir mieux répondre au besoin non satisfait déclencheur de la tempête.

 

   Le problème, quand on est précoce, (et même quand on ne l'est pas, mais l'amplitude n'est pas forcément la même), c'est qu'on peut subir des tempêtes régulièrement et que ces tempêtes sont à effet "kiss coll" : double effet. Le premier est de mettre l'enfant, voire l'adulte dans une situation qui ne lui renvoie pas une belle image. Le deuxième est la réaction de l'entourage qui peut être totalement inadaptée et nocive pour le jeune qui perd encore plus confiance en lui et courra le risque de encore moins savoir comment gérer la prochaine tempête. Son manque de confiance en lui favorisera même les tempêtes émotionnelles.

 

         Pour illustrer mon propos, je vous donne l'exemple d'un petit garçon qui rentre de l'école et croise dans l'allée près de chez lui une camarade qui est seule. Il demande à sa maman de rester avec sa camarade, mais celle-ci refuse puisqu'il faut prendre le goûter, puis le bain et je ne sis plus quelle occupation bien légitime. Le petit rentre donc chez lui, pars en courant dans la salle de jeux et se met à tout jeter par terre avec une colère froide. Sa maman, initiée aux techniques d'éducation bienveillante arrive très vite, stoppe l'enfant en le prenant dans ses bras puis le sort dehors dans la foulée dehors afin de courir avec lui et faire sortir tout ce qui l'embête. Elle accompagne par des mots le fait qu'il puisse faire sortir ce qui l'embête. Une fois calmé, l'enfant explique qu'il voulait que sa copine ne reste pas seule. Il avait peur pour elle. Ils sont allés voir dehors où était sa copine. Ils ne l'ont pas trouvée. Le petit a eu ces mots : "Ca va, elle est chez elle, elle n'est plus toute seule". Et il est rentré avec sa maman, apaisé. Ils ont rangé ensemble la pièce sans dessus dessous.

     Son grand frère est inquiet et n'arrive pas à dormir. A dix ans, il devient de plus en plus colérique et agresse ou insulte presque tout le monde. Que veut-il nous dire de ces tempêtes émotionnelles ? Lui-même ne le savait pas. Après discussion à un moment post crise, il était très inquiet pour son grand-père hospitalisé et pensait que c'était de sa faute s'il était malade et croyait qu'il allait mourir. Nous avons pu parler, entendre son angoisse, expliquer, déculpabiliser. Les crises ont beaucoup diminué puis se sont arrêtées. 

    La deuxième option, que j'utilisais quand j'étais jeune papa, faute d'alternative était de crier très fort sur l'enfant, le punir. Il ne recommencera plus et conservera en lui toutes ses émotions qui ressortiront au mauvais moment, avec la mauvaise personne et la mauvaise intensité pour un mauvais prétexte... GGGRRRR, si j'avais su plus tôt ! Cette deuxième option est un puits sans fond pour perdre de la confiance en soi. Cette option est illustrée par le schéma suivant :

 

 

   Le parent ou l'éducateur ne comprenant une attitude illisible au premier abord risque d'avoir une attitude exacerbée qui va produire un sentiment d'injustice et en découlera une perte d'estime de soi.

 

         Et nos petits précoces se retrouvent certainement plus que les autres dans cette problématique éducative. Beaucoup de réponses se situent dans l'éducation bienveillante, CNV, Médiation... D'où mes prises de position contre la punition et la récompense et pour la sanction réparatrice et le chaudoudou, la médiation et l'expression des émotions, postures qui vont si bien pour nos petits et grands HP. ET comme ce qui est bien pour eux et bien pour tous les autres, profitons-en.

      Jean-François Laurent

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Jean-François LAURENT
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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 18:25
Interroger des points du système éducatif Français inhabituels avec Jean-François Laurent

 

 

En ce moment, cela bouge pour les présidentielles et un des points qui m’importe le plus est la politique éducative.

Quelles vont être les propositions des différents candidats ? Pour le moment je n’en ai pas vu beaucoup. Il ne me semble pas que ce soit une priorité. Alors je me permets de lancer les pistes qui me tiennent à cœur. Adepte de l’intelligence collective, je vous propose de concevoir mes propositions comme des portes ouvertes à la réflexion, à l’affinement, à complément, approfondissement…

 

Aussi, je souhaite qu’on ose interroger l’interrogeable, qu’on ose ouvrir les portes qu’on imaginait être des murs. Je souhaite poser mon regard là où on n’oserait pas le poser.

La question de l’Education NATIONALE

  • L’éducation, en fonction des changements politiques prend des virages différents et de ce fait déroute les équipes éducatives. Je placerai l’Union Européenne pour donner les grandes lignes à suivre et la région qui pilote au plus près.
  •  

Premier chantier à ouvrir : La question de la classe

  • Repenser le concept de regroupement par classe d’âge. Pourquoi doit-on réunir les enfants par âge et non par compétence ou affinités ?
  • Repenser la notion même de classe. Faut-il que les élèves soient réunis par classe ? On peut penser les regroupements en individuel, par groupe de 2, de 5, de 10… de 50 en fonction de l’objectif du regroupement. S’agit –il de transmettre des connaissances, réviser, s’exercer, revoir une notion, réaliser une production à plusieurs, comprendre un fonctionnement, mesurer ses performances, expliquer à autrui, aider un pair, approfondir, rechercher seul, à plusieurs, ensemble, s’exercer…

 

Deuxième chantier : La question de l’évaluation certificative

  • J’enlève cette fonction aux enseignants pour la remettre à d’autres professionnels. Que le professeur se consacre uniquement à sa tâche de professeur, d’accompagnateur des apprentissages et non à certifier le travail de ses élèves et donc son travail. Ce la permettrait au professeur de consacrer plus de temps à l’apprentissage, à l’accompagnement plutôt qu’à la mesure des performances.
  • Je supprime totalement les notes chiffrées, lettrées, commentées qui induisent une compétition entre les élèves.

 

Troisième chantier : La question du temps de travail de l’enseignant

  • Je repense le temps de présence du professeur du secondaire dans son établissement qui est globalement de 18 heures devant élèves. Je propose 35 heures dans l’établissement. Cela demande des bureaux pour le professeur afin qu’il puisse recevoir des jeunes, des parents, travailler avec ses collègues… Comme je remets en cause le concept de cours, le professeur ne sera plus avec dix-huit heures de cours devant une classe. En repensant l’emploi du temps des professeurs, je touche à l’emploi du temps de l’élève qui peut se retrouver dans un petit groupe, en individuel, avec vingt autres jeunes pas forcément de son âge.
  • Le salaire de l’enseignant doit être revalorisé en même temps.

 

Quatrième chantier : La question du temps d’heure de classe

  • Pourquoi une période de cours doit se situer autour d’une heure. Il me semble que c’est un repère à interroger complétement.

 

Cinquième chantier : La fonction du chef d’établissement et le choix de son équipe

                       - L’Ecole est une de seules organisations où le responsable ne choisit pas son équipe. Le choix de l’équipe enseignante doit être effectué en fonction du projet et non en fonction de la priorité des enseignants selon l’ancienneté, le diplôme, le statut ou je ne sais quelle raison. Le chef d’établissement doit être le responsable hiérarchique et responsable de l’établissement.

 

Sixième chantier : La formation des enseignants

  • J’introduirai dans la formation des enseignants tout ce qui touche à la communication bienveillante ou CNV, la gestion douce des conflits, la gestion des émotions.
  • Je supprimerai la punition pour la sanction réparatrice.
  • Je supprimerai la récompense pour le signe de reconnaissance positif.
  • J’interdirai strictement le travail du soir pour les élèves.
  • J’introduirai une formation à la relaxation, la méditation de pleine conscience…
  • Je favoriserai la coopération

 

 

Quelques éléments de réflexion non exhaustifs bien sûr, à compléter, enrichir, à travailler en équipe, à plusieurs.

    Bien à vous

           Jean-François Laurent

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 19:01

Une conférence à deux voies sur la précocité intellectuelle, une conférence dynamique, touchante, un beau moment à vivre.

    Jean-François Laurent

Une belle conférence avec un duo inédit : Alexandra Renaud et Jean-François Laurent
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Jean-François LAURENT
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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 18:51

Poser le « petit cadre » permet de baliser le « grand chemin »

Nous entendons de plus en plus souvent parler du cadre bienveillant qui revient en boucle, qui devient indispensable et j’en suis convaincu. Souvent, nous nous concentrons sur la bienveillance. Aujourd’hui, je vais poser mon regard sur le cadre. Comment poser le cadre avec un tout petit ? De quel cadre parle-t-on ? Y a t-il plusieurs cadres ?

Avec nos petits précoces comme avec les grands d’ailleurs, ceux-ci vont se servir du cadre pour avancer, se structurer et se rassurer. Le cadre ne se réduit pas à poser des interdits afin que le jeune vienne s’y frotter et voit les effets de la transgression sur les adultes responsables. Le cadre, c’est aussi créer les espaces dans lesquels le jeune évoluera, limiter cet espace, organiser cet espace, permettre des relations saines dans cet espace. Le cadre pour moi est à la fois le contenu et le contenant. Nous pouvons donc poser notre regard autant sur les couleurs de la toile que sur les limites du tableau.

Nos petits précoces, encore plus que les autres jeunes, ont besoin de ce cadre sur lequel s’appuyer pour naviguer. Un jeune qui n’a pas de cadre ou un cadre trop fluctuant en fonction des personnes ou des circonstances risque de beaucoup souffrir. Il peut développer des angoisses, des difficultés à accepter les contraintes, voire plus développer des pathologies.

Qu’est-ce que j’appelle le « petit cadre » ? Ce sont tous ces petits riens qui facilitent la vie ensemble : la politesse, la formulation, la tenue, l’aide à la collectivité, le respect des horaires, le respect des fonctions au sein de l’organisation… et il est fondamental de les tenir. « Kévin vient d’arriver chez ses grands-parents. Il est enthousiaste et déborde d’émotions qui le font partir dans tous les sens. Le premier repas arrive très vite et l’enfant déborde, parle mal, a des demandes insistantes qui ne conviennent pas. Pendant 45 minutes, les grands-parents ont repris l’enfant : « Merci qui ?... S’il te... ? Oui, s’il te plat qui ?... Tu ne parles pas comme cela, tu parles normalement, sans pleurer. Tu demandes pour sortir de table. Comment dit-on ? »

Et à chaque reformulation correcte, l’enfant est félicité. Les adultes ne lâchent pas un pouce de terrain sur la forme, ils balisent le chemin avec ces petits riens qui deviennent rassurants, cadrant pour l’enfant. Le deuxième repas s’est passé de bien meilleure manière. Ce petit cadre donne le « la » au grand cadre, celui qui pose les grandes directions. Le tout jeune enfant, s’il est guidé sur les petites règles, se sent rassuré et de ce fait a moins envie, voire besoin de transgresser les règles. Il se sent mieux et sait mieux écouter ses émotions, ses envies, les exprimer de manière correcte. Il est plus calme, posé, tout comme l’adulte qui ne se retrouve pas à passer son temps à reprendre l’enfant pour n’avoir su le rassurer dès le départ. Cadrer un enfant de manière juste et douce, c’est l’aimer et l’aider à se construire, à se canaliser. Pour nos petits précoces dont les émotions sont débordantes, c’est un processus indispensable à leur bonheur. Pouvoir s’appuyer sur un adulte stable, harmonieux, ferme et juste.

Pour un adolescent, il est important également de tenir sur ces petites règles du quotidien comme mettre la table, ramasser son bol. Si l’adulte ne tient pas sur ces petites règles, le jeune ira chercher l’adulte sur des règles plus importantes comme les horaires de sortie, fumer ou boire… Ce qui ne garantit absolument pas qu’il n’y aura pas de transgressions majeures.

Nous le voyons souvent, tenir les règles commence par tenir les petites règles du quotidien qui balisent le chemin de confiance du jeune.

Jean-François LAURENT

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Jean-François LAURENT
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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 17:36
Interview de Jean-François Laurent : Un nouveau livre sur la confiance en soi de 0 à 3 ans

- J-F, comment a été écrit ce livre ? D'où vous est venue l'idée ?

APIE Baby est un livre écrit à deux mains : Marie-Restitude, la maman et moi-même Jean-François le grand-père. L'idée a germé progressivement quand j'ai vu tout ce qui était mis en place pour éduquer mon petit-fils par ses parents et notamment sa maman. Je voyais en pratique dès la naissance de nombreux concepts que je développais en théorie ou en pratique, mais pour des enfants plus grands.

- Qu'est-ce qui vous surprenait ?

Sa manière de lui parler, de gérer ses pleurs, de le comprendre. Puis ensuite la gestion des colères du petit, de comment on réagissait quand il tombait, pleurait, pour le calmer... A force de se confronter ensemble, de croiser nos lectures, nos interrogations, nos manières de faire, nous avons élaboré des stratégies, approfondi nos pratiques.

- Et les résultats ?

Géniaux et surprenants. C'est un enfant certainement précoce avec des émotions à fleur de peau. Nous le nourrissons aux chaudoudoux (signes de reconnaissance positifs), aux encouragements, au cadre bienveillant. C'est un enfant qui sait dire oui et non, nommer ses besoins. Pour le moment, il a confiance en lui. Même si parfois ce n'est pas évident.

- A t-il encore des colères ?

Il en aura jusqu'à la fin de ses jours, et pour le moment les neurosciences nous montrent que son cerveau n'est pas équipé pour gérer sereinement ses émotions fortes. il déborde encore et c'est normal. Ce qui ne veut pas dire que ce soit agréable. C'est la manière de gérer ses émotions débordantes qui change.

- Alors que faites-vous quand il "crise" ?

S'il tape, nous nous baissons à sa hauteur, stoppons les gestes et le prenons dans nos bras pour l'apaiser. En fonction de la situation, nous respirons, marchons, parlons... Mais dans un premier temps, nous recueillons ce débordement. Nous ne lui crions pas après, nous ne l'isolons pas parce qu'il ne saurait quoi faire de ses émotions, puis ensuite nous mettons des mots sur sa colère, cherchons ensemble comment réparer. Puis nous reprenons la situation là où elle en était. On ne peut reprocher à un aveugle de ne pas voir, on ne peut reprocher à un tout petit de déborder de colère. On doit l'accompagner tranquillement.

- Pouvez-vous me donner un truc que la maman a mis en place et que vous avez particulièrement apprécié ?

Je pense tout de suite à l'image du décodeur. La maman dit toujours qu'elle a avalé un décodeur pour gérer son fils. Quand le petit la tape, elle se dit immédiatement qu'il y a quelque chose qui ne va pas en lui, mais qu'il ne sait pas non plus ce qu'il a. Elle a intégré le fait de ne pas se sentir blessée quand il la tape. Elle sait que c'est parce qu'il l'aime fort qu'il se permet de déborder de tensions accumulées ou de malaises. De ce fait, elle est ouverte pour accueillir ce tumulte intérieur du petit.

- Si on revient au livre, pour qui le destinez-vous ?

Il intéresse tous les parents d'enfants de 0 à 2 ans ou futurs parents, et en particulier les parents d'enfants précoces. Il intéresse également tous les professionnels de la petite enfance : assistantes maternelles, ASEM, éducatrices de jeunes enfants...

- Où pouvons-nous acheter ce livre ?

Vous pouvez l'acheter sur mon site : http://www.jeanfrancoislaurent.com en boutique ou alors lorsque je donne une conférence. Il est soit sous forme papier ou en pdf.

- Une conclusion ?

Nous nous situons dans le champ de l'éducation positif et bienveillante. Les pratiques courantes nuisent à l'épanouissement et la confiance du tout petit. Quand la majorité des petits sont encore mis au coin, humiliés, punis, voire frappés. Quand on leur dicte ce qu'ils doivent ressentir avec des remarques du type : "C'est pas grave... Faut pas pleurer... T'es vilain..." , ils perdent confiance, ils se sentent dévalorisés. Il est urgent de pratiquer autrement. Nous sommes vraiment en retard en France, que ce soit dans les familles ou à l'école, les pratiques utilisées ne conviennent pas. Les enquêtes PISA nous situent dans le peloton de queue. Il est urgent d’acquérir d'autres pratiques.

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Jean-François LAURENT
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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 16:00

Cela fait deux mois qu’un petit-fils est né

Cela fait deux mois que tu es né et je n’en reviens toujours pas. Qu’avais-je oublié d’écrire alors que tu venais au Monde.
A ce moment-là, j’avais peur de ne pas t’aimer, de ne pas savoir t’aimer.
A ce moment-là, j’avais peur de ne pas m’attacher, de ne pas vibrer.
A ce moment-là, j’avais peur de trahir ton grand frère, j’avais peut-être simplement peur de moi.
Puis, tu es né et nous avons fait connaissance, doucement, progressivement, pas à pas… Magie de l’amour.
J’avais oublié que tu me charmerais :
Avec tes sourires aux anges et aux âmes, aux anges et à mon âme, ta petite bouche qui se tord et moi qui attends ce cadeau,
Avec tes gazouillis, tes « arreuu » à n’en plus finir,
Avec ton regard bleu qui pénètre au plus profond de moi,
Avec ta petite main qui t’entoure à un de mes doigts,
Avec tes petits pleurs qui me touchent,
Avec la chaleur de ton corps quand tu t’endors dans mes bras.
Avec ton odeur de lait qui m’évoque tant de souvenirs.
… Avec toi tout simplement petit être…

Quand je te regarde prendre le bain avec ton papa, si petit dans sa main,
Quand je te vois prendre le sein avec ta maman, niché si câlin,
Quand je te vois observer ton grand frère, dynamique et entrain,
Quand je te vois dans les bras de grand-mère te berçant en refrains,

Tu as fait grandir en moi ma capacité d’aimer,
Tu as fait grandir en moi ma sensibilité
Tu as fait grandir en moi mon aptitude à m’émerveiller
Il fallait juste le temps de vivre ensemble, de partager nos moments de joie, de peine, nos siestes et nos promenades.
Il suffisait de tisser, tricoter ce lien au-delà du sang commun.
Il suffisait de croire en l’amour…
Et j’y crois. Je n’ai plus peur.
Je t’aime, tout simplement.

Ton grand-père

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  • : Présentation de mes activités de formateur, conférencier et écrivain dans les domaines de l'éducation : enfants intellectuellement précoces, HPI, EIP, APIE, ainsi que tout ce qui touche l'autorité, la violence, le conflit, les règles dans les établissements scolaires. Me retrouver sur le site : www.jeanfrancoislaurent.com
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